L'âne des Pyrénées, l'énergie retrouvée

Un âne des Pyrénées, pour quoi faire ?

Vous envisagez l'achat d'un âne des Pyrénées


C'est une bonne chose et nous vous en félicitons : vous contribuez  activement à la sauvegarde d'une race domestique menacée de disparition. Cependant, même s'il n'y a pas de mauvais ânes des Pyrénées, les différents individus ne sont pas tous égaux, ni destinés aux mêmes usages. Il faut acheter un animal conforme à son programme pour ne pas être déçu.

Voici une présentation des différents types d'animaux proposés et des différentes utilisations possibles.

Le baudet : un reproducteur d'une exceptionnelle vigueur.

Les baudets sont les mâles reproducteurs (les entiers ). Ce sont des améliorateurs qui présentent les meilleures caractéristiques de la race.

Sous l'effet de la testostérone, hormone mâle, leur développement musculaire est important, leur avant main est plus forte. Leur tempérament est plus affirmé : ils cherchent à dominer.

Le baudet a souvent tendance à mordre. Il est généralement d'un maniement assez délicat et peut-être difficile à contrôler en présence d'autre animaux. Il est souvent nécessaire de l'isoler pour qu'il ne blesse pas ses copains de pré.

Le baudet adulte saillit une ânesse en chaleurs à peu près une fois par demi heure et annonce sa joie par de sonores braiments qui peuvent gêner le voisinage. A ce rythme, les femelles sont vite lassées ; mais, si elles résistent, le mâle peut les mordre et infliger de sérieuses blessures. La saillie en liberté est donc possible avec précautions : vaste enclos sans danger, femelles nombreuses, mâle exceptionnellement doux . Pitié pour les anesses, vous pouvez donc imaginer ce qui arrive chez les propriétaires qui pensent avoir fait le bon choix en achetant un "couple d'ânes"... Assaillie par l'étalon, l'annesse arrive bon an mal an, entre de multiples avortement, (le plus souvent non détectés par le propriétaire) à donner quelques fois naissance à un anon...

D'une façon générale, la saillie en main est préférable, même si elle exige plus de travail.

Les baudets, pour reproduire hors de l'exploitation, doivent être agréés par la commission des haras lors de la séance annuelle, à l'issue de la finale.

Ils peuvent participer aux concours d'élevage qui se tient une fois par an et défier en modèles et allure les meilleurs animaux. Un test de maniabilité est prévu avant agrément.

Ils ont d'autant plus de valeur qu'ils sont bien classés en concours et que leur production est belle.  Leur prix peut ainsi être assez élevé.

Le baudet est donc un animal destiné presque uniquement à la reproduction. Il est à réserver au propriétaire expérimenté qui, possédant plusieurs ânesses, économisera des frais de transport, de saillie et de pension et assumera la charge que représente un baudet. Cet  éleveur saura en outre mener cet animal. Il évitera aussi la consanguinité en interdisant à son baudet la saillie de ses filles : il vaut mieux changer de mâle tous les trois ans.

 

L'ânesse : des qualités maternelles dignes de l'avenir de la race

 

Le développement de l'ânesse est orienté par les oestrogènes puis par la progestérone , afin de préparer la future reproductrice : l'arrière main est plus forte et le bassin est plus large ce qui facilite la mise bas, le métabolisme favorise la mise en réserve de lipides qui seront utilisés lors de la lactation.

Le tempérament de l'ânesse est généralement plus doux que celui du mâle envers ses congénères et envers l'homme : elle est d'une utilisation facile sauf peut-être en période de chaleurs pour certaines. Elle adopte facilement ses produits, voire ceux d'autres ânesses du même groupe.

L'ânesse est plus silencieuse que le mâle, sauf au moment des chaleurs qui reviennent tous les 20 jours en moyenne.

La reproduction est une des grandes joies de l'éleveur : une naissance est toujours attendue fébrilement, c'est une intense émotion. Cependant, des problèmes de mise-bas peuvent survenir. Il faut aussi prévoir le devenir du produit sinon la surpopulation menace.

Les femelles peuvent participer aux concours d'élevage, à condition d'être suitées de leur petit de l'année. Cependant, s'il est agréable de décrocher une première place, il ne faut guère se faire d'illusions :  les champions sont souvent jalousement conservés par les éleveurs expérimentés qui sélectionnent, génération après génération, les meilleurs produits, et qui par des soins attentifs savent développer au mieux les qualités de leurs animaux. Un débutant doit donc être patient et persévérer pour réussir en concours modèle et allure.

Etant donné le faible effectif des APY, il vaut mieux réserver les femelles aux éleveurs désireux de pratiquer la reproduction, avec des mâles sélectionnés, pour accroître la qualité de l'élevage et assurer un avenir radieux à notre race. Il est dommage de constater que de nombreuses ânesses ne sont pas mises à la reproduction, alors qu'elles ont toutes les qualités requises.

 

 

Les mâles castrés : champions de l'utilisation

 

Castrés précocement, les mâles présentent une morphologie intermédiaire entre les deux sexes.

Leur tempérament est le plus régulier qui soit : ils n'ont ni la fougue des entiers ni les cycles des femelles. Ils vivent en harmonie avec leurs congénères sans poser de problème particulier.

Cet heureux caractère fait d'eux les animaux préférés des utilisateurs, que ce soit pour le bât, l'attelage, ou tout simplement pour entretenir un pré. Ce n'est pas par hasard si ils sont si nombreux chez les loueurs d'ânes de randonnée. Ce sont les animaux à conseiller aux éleveurs débutants qui apprendront facilement à mener un animal déjà éduqué.

Ils sont peut-être écartés des concours d'élevage mais peuvent briller lors des concours d'utilisation : labellisation loisirs, labellisation randonnée, concours d'utilisation, épreuves de Marathon....

 

 

Les ânons de six mois

 

La réputation des ânes est souvent ternie par des familles qui achètent un ânon de six mois, véritable peluche absolument craquante, et qui se retrouvent déçus et dominés deux ans plus tard par un baudet en pleine adolescence dont ils ne peuvent rien obtenir à part des coups de dents et de pieds !

Certes il est difficile de résister : un ânon est si doux qu'il suscite les caresses ; il est si petit qu'on le mène facilement ; et s'il n'a pas demandé beaucoup de soins, il est vendu à un prix attractif.

Cependant, on ne s'improvise pas éleveur d'âne ! Une éducation est indispensable pour obtenir un animal au caractère équilibré, confiant en l'homme, sociable avec les autres.

Il faut une main ferme dans un gant de velours, il faut être doux mais déterminé, franchir les étapes de l'éducation progressivement, sans exiger l'impossible.

Ce doigté s'acquiert progressivement, au contact des animaux. Un néophyte risque fort de commettre des erreurs qu'un jeune animal ne comprendrait pas et qui risquent de ruiner son avenir.

De plus, un  ânon n'est pas assez développé pour que l'on puisse juger valablement de ses qualités : on ne peut savoir ce qu'il donnera adulte. Cet achat est donc risqué pour un débutant ou pour un éleveur inexpérimenté.

 

L'achat d'âne est une décision importante qui vous engage pour plusieurs années, voire pour plusieurs décennies. Il faut donc mûrir lentement cette décision, bien définir ses objectifs avant de s'orienter vers un  animal déterminé pour en obtenir un maximum de satisfactions pour un minimum d'inconvénients.